Allemand

picto-accueil

Projet de concours d’histoire scolaire franco-allemand EUSTORY – France 2017-2019

La Fédération des Maisons Franco-Allemandes et la Mission du centenaire de la Première Guerre

mondiale ont souhaité poursuivre le travail de mémoire et d’histoire franco-allemand entrepris depuis

20

Thème du concours : La Paix et la (Grande) Guerre

La fin du cycle commémoratif du Centenaire de la Première Guerre mondiale apparaît propice à une

réflexion pédagogique sur la question de la paix.

Dès avant août 1914, des institutions nationales et internationales, comme des personnalités de la vie

publique et politique, se penchent sur la question d’une paix durable en Europe et dans le monde. Les

« conférences de la paix » qui se tiennent à La Haye en 1899 et 1907 en sont l’expression, au même

titre que les prises de position de dirigeants socialistes européens comme celles de Jean Jaurès.

Pendant et déjà avant le conflit, des voix de la société civile s’étaient également élevées pour

dénoncer la guerre et/ou proposer un règlement pacifiste du conflit. La conférence des délégués

socialistes de Zimmerwald (Suisse) en septembre 1915 s’inscrit dans ce sillon. Le 12 décembre 1916,

les puissances centrales (Allemagne et Autriche-Hongrie) émettent des propositions publiques de

négociations. « En 1917, on n’a peut-être pas été loin de la paix » comme le note Georges-Henri

Soutou. En effet, après trois années de guerre, le contexte social et politique a changé.

Le parlement allemand vote une résolution de paix en juillet 1917. Le Saint-Siège poursuit dans cette

voie le 1er août alors que certains partis socialistes tentent de réunir une conférence pour la paix à

Stockholm. Les 14 points de Wilson dessinent quant à eux l’idée d’une « paix sans vainqueurs » en

janvier 1918.

Ces tentatives et aspirations, que l’on retrouve à l’échelle du témoignage de soldats ou de

personnalités publiques à l’arrière, montrent combien l’horizon de la paix se développe malgré la

mécanique de la guerre totale dans les sociétés européennes. Sans pouvoir aboutir cependant à une

paix hors de la victoire des armes.

Avec l’armistice du 11 novembre 1918 et l’ouverture de la conférence de la paix de Paris le 18

janvier 1919, c’est bien la question de la paix après la guerre qui est en jeu. De la Grande Guerre naît

la société des Nations (SDN) et sans doute l’espoir d’un nouvel ordre européen fondé sur une union

plus étroite des gouvernements et des peuples. En proie à une révolution après l’abdication de

Guillaume II, l’Allemagne se dote d’une République et rejoint les démocraties occidentales tendant

vers un horizon pacifique. Pourtant, le traité de Versailles du 28 juin 1919 a été un des principaux

instruments de propagande du national-socialisme qui s’installe finalement en Allemagne en 1933.

Comment les dirigeants pouvaient–ils régler le conflit qui a fait tant de morts et de destruction ? Sur

quelles bases, selon quels principes ? Les traités de paix dont accouchent les dirigeants pouvaient-ils

maintenir une paix durable selon le voeu émis dans les 14 points de Wilson (janvier 1918) ? Ces

questions, contemporaines du conflit, nous interrogent aujourd’hui sur la manière de faire la paix

après la guerre.

Les élèves français et allemands sont invités à interroger ce passé de la paix à l’occasion de deux

années scolaires. Le thème du concours portera dans un premier temps en 2017-2018 sur la paix dans

la guerre; avant de se porter en 2018-2019 sur la question du règlement de la guerre.

Les participants veilleront à travailler sur des sources contemporaines du conflit et de l’après-guerre,

tout en émettant des réflexions sur la question de la paix en Europe aujourd’hui.